Type d’ouvrage : roman sentimental récent traduit
Auteur : Boccaccio, Giovanni
On peut signaler 3 autres éditions anciennes de la traduction anonyme :
Il existe par ailleurs une autre traduction, réalisée par Gabriel Chappuys :
La Fiammette amoureuse […] contenant, d’une invention gentile, toutes les plainctes et passions d’amour. Paris, Abel Langelier, 1585. Exempl. : Paris, Bnf, Y2 18513 (consultable en ligne) ; Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, 8 BL 29215 Rés. ; Lyon, BM, Rés. 800340.
Il n’y a pas d’édition moderne de la traduction en français.
Flammette est une traduction en français d’un roman sentimental pathétique composé par Boccace vers 1343 ou 1344. L’Elegia di madonna Fiammetta a remporté un très grand succès en italien ; on conserve plus de 70 manuscrits et de nombreux imprimés (26 pour le seul XVIe siècle). Le récit est en première personne : Fiammetta, dame mariée, rapporte la façon dont elle s’est laissé séduire par le jeune Panfilo et dont elle a souffert de l’absence prolongée de celui-ci, ne se résignant pas à l’idée qu’il ne reviendrait pas.
Le traducteur anonyme suit un original fautif et procède à la fois à des interpolations et à des omissions. Selon S. Stolf (2008, p. 183-185), il omet des références mythologiques et semble parfois ne pas bien comprendre l’italien. Sa version contient les six premiers des neuf chapitres du récit en première personne, suivant une tradition éditoriale italienne commencée en 1491.
Il a fallu attendre 1585 pour que paraisse une version intégrale, due à Gabriel Chappuys. Celle-ci a été publiée une fois seulement au XVIe siècle, en l’occurrence à Paris par Abel Langelier. Chappuys se fonde sur les éditions publiées en italien à partir de 1524, qui corrigent les erreurs antérieures. Il reste au plus près de l’original et, souhaitant servir un public avide d’apprendre soit l’italien soit le français, procure une édition bilingue.
En 1531 et en 1532 ont été publiées pas moins de quatre éditions de la traduction anonyme du roman boccacien. Le lancement de la Complainte de Flammette à son amy Pamphile a eu lieu à Paris en 1531, à l’initiative du libraire Jean Longis. L’importation à Lyon en 1532 semble avoir fait l’objet d’une concurrence nationale et locale. Deux ateliers ont préparé en même temps une édition, enfreignant le privilège obtenu par Longis pour trois ans. Ils se fondent sur l’édition parisienne de 1531, plutôt que sur la réédition, fautive, faite pour Longis et Jean Saint-Denis en 1532, mais font le choix de la bâtarde au détriment du romain, refont les pages de titre et modifient les illustrations.
L’édition de Claude Nourry (éd. 1Complainte Tres Piteuse de Flamette à son amy Pamphile.
Lyon, François Juste, 1532.) est plus élaborée que celle de François Juste (éd. 2Flammette. Complainte des tristes amours de Flammette à son amy Pamphile.
Lyon, Claude Nourry, 1532.) (Kemp, 1989, p. 258-263 ; Clément, 2010, p. 40), même s’il est possible qu’elle
ait paru un peu avant celle de Juste (Beaud, 2008, p. 32-33). Elle fait remonter le
prénom de l’héroïne, Flammette, en tête du titre, révise les titres des chapitres, met à jour la table des chapitres
et procède à quelques retouches dans le texte, essentiellement au plan de la ponctuation.
Après cet épisode d’intense publication, Flammette a été reprise une fois à Paris en 1541 et peut-être une fois à Lyon, par Olivier Arnoullet, vers 1540.
Pascale Mounier
04/11/2011
01/04/2026
Citer cette noticePascale Mounier, « [Fiammetta] Flammette », in base ELR : éditions lyonnaises de romans du XVIe siècle (1501-1600), Pascale Mounier (dir.), en ligne : https://rhr16-elr.unicaen.fr/fiches/30 [consulté le 22/04/2026]