Angoisses douloureuses

Type d’ouvrage : roman français sentimental contemporain

Auteur : anonyme

Bibliographie

Éditions anciennes

Éditions lyonnaises

1. [Denis de Harsy], [c. 1539]Les Angoysses Douloureuses qui procedent d’Amours. S. l. [Lyon], , s. n. [Denis de Harsy], s. d. [c. 1539].
Exemplaires : Lyon, BM, Rés. 319423 (consultable en ligne).Lyon, BM, Rés. 346615 (consultable en ligne).Chantilly, Bibliothèque du Château, III D 26.Washington, Library of Congress, Rosenwald 1017.

Autres éditions anciennes

  • Les angoysses douloureuses qui procedent d’amours. Paris, Denis Janot, [1538]. Exempl. : Paris, Bnf, Rés. P Z 2013 (consultable en ligne) ; Abbeville, BM, FA16E91 (consultable en ligne) ; Paris, Bibliothèque de l’Ensba, Masson 270 ; Toulouse, BM, Rés. D XVI 317 ; London, British Library, C58cc 21.
  • - Les Angoysses douloureuses qui procedent d’amours. Paris, [Vivant Gautherot], Pierre Hermier, [Madeleine Boursette] et Pierre Sergent, 1541. Exempl. : Paris, Bnf, Rés. Z 2744 (consultable en ligne) ; Wien, Österreichische Nationalbibliothek, 71 X 173 (consultable en ligne).

L’œuvre a été par ailleurs publiée dans un recueil éditorial d’une partie des œuvres d’Hélisenne de Crenne :

  • Les oeuvres. Paris, Charles Langelier, 1543. Exempl. : Paris, Bnf, Rés. Z 2745 (consultable en ligne); Paris, Bibliothèque Mazarine, Rés. 22377.
  • Les oeuvres. Paris, Charles Langelier, 1544. Exempl. : Paris, Bibliothèque Mazarine, Rés. 22378 ; Wien, Österreichische Nationalbibliothek, 39 K 32.
  • Les Œuvres. Paris, Étienne Groulleau, 1551. Exempl. : Bibliothèque de l’Ensba, Masson 238 ; Wien, Österreichische Nationalbibliothek, 6815-A. (consultable en ligne).
  • Les Œuvres. Paris, Charles Langelier, 1551. Exempl. : Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, 8 BL 33802 (1) ; Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, M: Lm. 933.
  • Les Œuvres. Paris, Étienne Groulleau, 1553. Exempl. : Amiens, BM, Rés. 516 A.
  • Les Œuvres. Paris, Étienne Groulleau, 1560. Exempl. : Paris, Bnf, Rés. Z 2746 ; Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, 8 BL 33803 (consultable en ligne) ; London, British Library, 12511 aaaa 15.

Éditions modernes

  • – CRENNE, Hélisenne de, Les Angoysses douloureuses qui procedent d'amours, édition établie, présentée et annotée par Christine de Buzon, Paris, Honoré Champion, 1997 [réimpr. Paris, Classiques Garnier, 2007]. D’après l’éd. Paris, Denis Janot, 1538.
  • – CRENNE, Hélisenne de, Les Angoisses douloureuses qui procèdent d’amour, édition de Jean-Philippe Beaulieu, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2005. D’après l’éd. Paris, Charles Langelier, 1543.

Études et articles

  • CLÉMENT, Michèle, « Co-élaborations à Lyon entre 1532 et 1542 : des interventions lyonnaises en réseau sur les ‘récits sentimentaux’ ? », RHR, n° 71, 2010, p. 35-44.
  • DE BUZON, Christine et CLÉMENT, Michèle, « Œuvres et collection : l’emploi du mot œuvres dans un titre français avant 1560 et l’impression des Œuvres d’un auteur avant 1560 en France », Réforme, Humanisme, Renaissance, n° 74, 2012, p. 135-159.
  • DE BUZON, Christine et KEMP, William, « Interventions lyonnaises sur un texte parisien : l’édition des Angoysses douloureuses qui procedent d’amours d’Hélisenne de Crenne (Denys de Harsy, vers 1539) », in L’Émergence littéraire des femmes à Lyon à la Renaissance 1520-1560, dir. M. Clément et J. Incardona, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2008, p. 179-196.
  • LOVIOT, Louis, « Hélisenne de Crenne », Revue des livres anciens, n° 2, 1917, p. 137-145.
  • POSSENTI, Antonio, « Sull’edizione lioneze delle Angoysses douloureuses qui procedent d’amours di Hélisenne de Crenne », Il Rinascimento a Lione. Atti del Congresso Internazionale (Macerata, 6-11 maggio 1985), dir. A. Possenti et G. Mastrangelo, Rome, Ateneo, vol. II, 1988, p. 813-837.
  • RÉACH-NGO, Anne, L’Écriture éditoriale à la Renaissance. Genèse et promotion du récit sentimental français (1530-1560), Genève, Droz, 2013.
  • THOREL, Mathilde, « ‘Langue translative’ et fiction sentimentale (1525-1540), Renouvellement générique et stylistique de la prose narrative », thèse, universités Lyon 3 et Paris 4, soutenue en 2006.

Présentation

Histoire éditoriale

Les Angoisses douloureuses qui procèdent d’amour d’Hélisenne de Crenne sont un roman sentimental pathétique composé de façon anonyme. Le récit rapporte la relation adultère d’une dame avec un jeune homme, la recherche de la dame séquestrée dans un château par l’amant et leurs retrouvailles, bientôt suivies de leur mort. Il n’a pas d’antécédent antique, médiéval ou contemporain direct, même s’il entretient une relation intertextuelle forte avec les traductions de Fiammetta de Boccace et du Peregrino de Caviceo.

L’auteure cache son identité derrière celle de la narratrice principale du récit et de l’héroïne, Dame Hélisenne. Elle utilise sur la page de titre et sur celle de deux autres fictions narratives originales, Les Épîtres familières et invectives et Le Songe, et d’une traduction partielle de l’Énéide le nom de plume Hélisenne de Crenne. Ce pseudonyme a pu être associé dès le XVIe siècle, dans une chronique d’Abbeville, à Marguerite Briet, une Picarde née à Abbeville séparée de biens de son mari, Philippe Fournel de Crenne (Loviot, 1917). La quantité très importante de syntagmes ou de parties de phrases prélevés dans des publications à la mode a pu amener à faire l’hypothèse d’une « création d’atelier », due à un ou plusieurs éditeurs recrutés par le responsable de l’editio princeps, Denis Janot (Réach-Ngô, 2013, p. 354-370 et p. 374-434).

On dispose d’une description précise du contenu et de la facture des éditions connues à ce jour (éd. C. de Buzon, 1997, p. 43-74). Certaines d’entre elles ont été partagées entre plusieurs imprimeurs, ce qui fait qu’elles ont paru sous un nom ou sous un autre en fonction des tirages, qu’elles ont connu une nouvelle émission ou encore qu’elles sont sorties du même atelier mais avec quelques variantes. Il n’est donc pas facile d’identifier les véritables éditions. Il semble qu’on puisse en compter neuf conservées dans au moins un exemplaire, réparties entre 1538 et 1560.

La première étape de la diffusion des Angoisses douloureuses a été constituée par la publication de trois éditions (1538-1541). La seconde a eu lieu avec l’élaboration des Œuvres de l’auteure, qui a placé le roman aux côtés des deux autres fictions narratives originales de celle-ci. Le découpage en trois grandes unités textuelles appelées « Partie[s] » s’avère commun à toutes les éditions. Le nombre et la nature des unités inférieures, chapitres ou paragraphes quant à eux varient.

Éditions sous forme indépendante à Paris et Lyon : présentation matérielle

L’œuvre a été lancée à Paris par Denis Janot, certainement peu après le 11 septembre 1538, date du privilège. L’édition se présente comme un épais in-8 à la mise en page élaborée (Réach-Ngô, 2013, p. 92-110). Janot a puisé dans la diversité de son fonds pour arriver à fournir pas moins de 112 illustrations, dont plusieurs sont redoublées (Buzon et Kemp, 2018, p. 188-189). Chacune des trois parties, dotée d’un titre long, s’ouvre sur une page de titre interne, ornée par un encadrement. L’éditeur sollicité par Janot, qui a peut-être travaillé en collaboration avec l’auteure, a segmenté les parties au moyen d’outils typographiques variés. De nombreux paragraphes, signalés par un alinéa ou éventuellement par un signe auxiliaire comme une étoile, une lettre capitale ou une lettrine ou encore une illustration, structurent le récit en petites unités. Ce choix atypique peut correspondre à une volonté de donner un correspondant visuel aux troubles causés par la passion (Réach-Ngô, 2013, p. 225-294).

Denis de Harsy (éd. 1Les Angoysses Douloureuses qui procedent d’Amours.
S. l. [Lyon], , s. n. [Denis de Harsy], s. d. [c. 1539].
) a enfreint, probablement l’année suivante, vers 1539, le privilège de deux ans accordé à Janot. Il n’a pas indiqué son nom dans l’édition ; mais il a placé sur la page de titre principale et sur celle des parties II et III sa marque d’imprimeur, représentant Dédale et portant la devise « Ne hault. Ne bas. Mediocrement ». L’édition pirate, en format in-8, est elle aussi soignée typographiquement (Buzon et Kemp, 2018, p. 188-189). Elle est illustrée de 4 lettrines et de 62 bois gravés finement. L’éditeur de Harsy, sans évidemment s’être concerté avec l’auteure, a transformé substantiellement la présentation du texte. Il a pris le parti d’alléger le titre principal et celui des parties. Il a introduit par ailleurs 56 chapitres dotés d’un intertitre. Il a aussi ajouté un dizain, intitulé « Helisenne aux Lisantes », ce qui anticipe l’adresse aux dames du titre de la partie I. Cette pièce en octosyllabes offre une clé de lecture pour qui peinerait à dégager un sens des trois parties.

Pierre Sergent a réédité la fiction en 1541. Le camp parisien a ainsi emporté la guerre commerciale entre Paris et Lyon. Le libraire, qui a pris la suite de Janot, a pourtant entériné les modifications du péritexte opérées par l’atelier de Harsy (vers 1539). Il a repris le raccourcissement du titre de l’œuvre et des parties, le découpage de la matière narrative en chapitres intitulés et numérotés et la captation liminaire de l’attention des dames par un dizain.

L’imprimerie lyonnaise ne s’est impliquée que dans la publication sous forme indépendante du roman. Aucun imprimeur local n’a peut-être voulu supporter le coût de publier un gros volume (près de cinq-cents feuillets en in-16 pour l’édition du Parisien Charles Langelier).

Édition non localisée

Brunet mentionne une quatrième édition publiée par Étienne Groulleau, sans précision autre que l’année 1555. Mentionnée dans : Brunet, Manuel, II, 415. Comme le bibliographe se trompe d’une année pour la publication de l’édition de 1551, il se peut qu’il fasse erreur.

Informations sur la fiche

Pascale Mounier

04/11/2011

01/04/2026

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